Chronologie
du sculpteur
Jean Pierre Antoine Tassaert
1727 - 1788

Jean Pierre Antoine par
Henriette Félicité Tassaert

1727
Naissance à Anvers de Jean Pierre Antoine Tassaert, baptisé en l’église Saint-Georges le 19 août, fils de Jean Pierre Tassaert, marchand diamantaire, et de Claire Marie Brandts. L’enfant a plusieurs artistes dans sa parenté ; il est le petit-fils du peintre Jean Pierre Tassaert (1651-1724).

1742 (?)
A Londres, l’adolescent est l’élève de Louis François Roubillac (Lyon, 1702 - Londres,1762), sculpteur ayant été l’élève de Nicolas Coustou à l’Académie royale de Paris.

1744 (?)
Arrivée à Paris.

1749
Il devient l’élève de Michel Ange Slodtz (1705-1764), sculpteur français qui, rentrant d’un brillant séjour à Rome, travaille à la décoration de l’église Saint-Sulpice.

1755 (?)
Il travaille avec l’architecte Antoine Mathieu Le Carpentier (1709 - après 1773) sur divers chantiers. Le fermier général Bouret lui commande plusieurs marbres, pour décorer le pavillon royal (arch. Le Carpentier) dont il veut doter son domaine de Croix-Fontaine, près de la forêt de Sénart :

  • L’enlèvement d’Europe sous les traits de Madame de Pompadour, petite œuvre de facture rococo, dont le dessin s’inspire de François Boucher, L’enlèvement d’Europe. (toile, auj. au Louvre).
  • Vénus.
  • Louis XV en Apollon (ou Apollon terrassant le serpent Python). Ce marbre qui passa à la collection Beaujon est réapparu lors d’une vente à Londres, en 1989, chez A. Roth).
  • Madame de Pompadour en Diane

1758
Il épouse Marie Edmée Moreau, peintre miniaturiste, pupille du graveur Pierre Caillois, après un contrat de mariage du 14 novembre 1758. Ils auront huit enfants.

1767
Dans une lettre à Stanislas Poniatowski, roi de Pologne, Madame Geoffrin fait allusion à Tassaert : « … une Diane que M. Bouret, fermier général, a fait faire par un de nos jeunes sculpteurs, qui est dans un pavillon que M. Bouret a fait bâtir dans la forêt de Sénart pour reposer le Roi quand il y chasse, et sûrement cette statue n’est pas à vendre ».

1768
Il sculpte Louis XV en costume de sacre, marbre, nouvelle commande de Bouret.

Avant 1769
Pour mademoiselle Clairon, fameuse tragédienne, il sculpte L’Amour prêt à lancer un trait (marbre, auj. au château de Malmaison).

1769
Il est agréé par l’Académie royale de Peinture et Sculpture.
Au Salon, il présente Vénus et Bacchus chevauchant un tigre dont il entend faire – sans succès – son morceau de réception à l’Académie.
Le public apprécie surtout sa Vénus, acquise par Augustin Blondel de Gagny, puis dessinée par Gabriel de Saint-Aubin et mentionnée dans l’Année littéraire : « Sa Vénus en marbre est travaillée avec le sentiment de la chair ». Sous le nom de Vénus au carquois, Tassaert la déclina en plusieurs exemplaires (marbre, entre 24 et 32 cm de hauteur) et en réalisa des moulages.

Avant 1773
Il réalise plusieurs marbres destinés à décorer l’hôtel particulier de l’abbé Terray, contrôleur général des finances, dont Peinture et sculpture (auj. Washington, National Galery) et Vénus assise sur une coquille (avec un carquois, deux colombes, deux amours et deux dauphins, coll. privée).

1773
Il est mentionné comme disposant d’un atelier au Louvre et logeant cul-de-sac Saint-Thomas.
Il présente au Salon Pyrrha ou la Population (plâtre). L’œuvre est remarqué par plusieurs critiques. Commandée par Terray, elle est ensuite sculptée en marbre (auj. au Louvre).
Il y a projet de mariage entre Marie Edmée Tassaert, sa fille, et le sculpteur Joseph Ignace Barbieux.

1774
Terray, à l’avènement de Louis XVI, est relevé de ses fonctions officielles.
Monsieur, frère du Roi (futur Louis XVIII), nomme Tassaert son sculpteur attitré.
A la vente après décès de l’architecte Le Carpentier, deux œuvres de Tassaert sont mentionnées : Léda en plâtre bronzé et Tête d’enfant

1775
Il se rend en Prusse où Frédéric II, conseillé par d’Alembert, le nomme Premier Sculpteur et recteur de l’Académie.
De retour à Paris, il liquide son atelier, emportant quelques œuvres inachevées qu’il renverra en France ultérieurement. Avec sa famille, il s’installe à Berlin où il reçoit commande de statues monumentales et de petits marbres mythologiques Venus allant au bain, (ancienne collection royale prussienne).
Il sculpte les traits de sa fille Sophie alors âgée de 8 ans.

1776
Il achève une œuvre importante de facture néo-classique : L’Amitié brûlant les flèches de l’Amour (marbre commandé par Monsieur, auj. au Philadelphia, Museum of Art).

1777
Il sculpte Bacchante jouant du tambourin, Bacchus avec des raisins et une coupe, Faune jouant avec des cymbales, Bacchante avec un thyrse.
Suite au décès du fermier général Bouret, plusieurs de ses œuvres sont mises en vente publique à Paris.
Son Louis XV en costume de sacre (revendu par Bouret), est installé dans la salle des actes de la nouvelle école de chirurgie de Paris (où il sera détruit en 1792).

1778
Il sculpte le buste de Marc Antoine de la Haye de Launay (marbre, auj. à Detroit).

1781
Il sculpte la statue en pied du Général von Seydlitz (marbre, Berlin, 2,45 m avec piédestal).

1784
Il sculpte, pour Frédéric II, Atalante puis Hippomène (marbre, Berlin).

1785
Il sculpte les bustes de Gellert (marbre, auj. au Louvre), de Lessing (perdu) et de Buste de Moses Mendelssohn (plâtre, moulage d’un marbre disparu, Berlin, Musée juif).

1787
A la mort du financier Beaujon, propriétaire de l’hôtel d’Evreux (auj. palais de l’Elysée), plusieurs œuvres de Tassaert et de son gendre Barbieux sont dispersées (vente du 25 avril 1787).

1788
Le 21 janvier, mort à Berlin de Jean Pierre Antoine Tassaert.
Johann-Gottfried Schadow, son élève, lui succède comme Premier Sculpteur.
Sa fille Félicité grave son portrait (manière noire) d’après une peinture de Greuze antérieure à 1785.

1934
Dans un article de la Revue belge d’Archéologie, Louis Réau apporte un important éclairage sur la carrière française de Tassaert, faisant connaître Enlèvement d’Europe, Vénus assise, Pyrrha...

1945
Plusieurs de ses œuvres disparaissent sous les bombardements de la Seconde guerre mondiale, dont le Buste de Frédéric le Grand (Berlin, château Monbijou, photo in Tournefeuille n° 15 Supplément).

1985
Le musée du Louvre fait l’acquisition du Buste de Christian Gellert (marbre).

1988
Son Buste de Guillaume Raynal est identifié dans les collections de l’Académie de Lyon.

1994
Henry Hawley, historien de l’art britannique, propose l’attribution à Tassaert de trois Vénus au carquois de roses conservées à Saint-Petersbourg (Ermitage), Paris (Marbre, Cognacq-Jay) et Baltimore (Walters Art Gallery).

1999
Pyrrha ou la Population (marbre), identifié depuis quelque temps au château de Ferrières, Seine-et-Marne, est déposé au Louvre.

2001
Flore assise (marbre, Louvre), précédemment donnée à Falconet, lui est attribuée grâce aux recherches de Guilhem Scherf, lors de l’exposition Falconet à Sèvres.

SOURCES

Marie Edmée MOREAU TASSAERT, Livre de comptes. Manuscrit, coll. privée française.

Jacques GONDOIN, Description des écoles de chirurgie, in folio, Paris, 1780. Contient une estampe représentant Louis XV en costume de sacre de Tassaert.

Archives du musée des Monuments français, Inventaire général des richesses d’art de la France, Paris, 1883-1897, t. 2, p. 39 et t. 3, p. 25, 110, 229.

Carl ROBERT, Gedenkblatt an Jean Pierre Antoine Tassaert, 1884. Ce récit dont l’auteur est un arrière-petit-fils de Tassaert est aujourd’hui rejeté par la critique historique. Traduction française annotée in Tournefeuille n° 15, Supplément, 2007.

Paul SEIDEL, article in Jahrbuch des königlich preussischer Sammlungen, Berlin, 1893, t. 14, p. 124.

Paul SEIDEL, Les collections d’art de Frédéric le Grand à l’exposition universelle de Paris, 1900.

Paul SEIDEL, Les collections d’œuvres d’art français du 18e siècle appartenant à S. M. l’empereur d’Allemagne, 1900, p. 175 et 179.

Stanislas LAMI, Dictionnaire des sculpteurs de l’école française du 18e siècle, Paris, 1907. Articles Barbieux et Tassaert.

Catalogue de vente des collections du comte Stroganov. Vente effectuée à Berlin, après 1918, sur l’initiative de l’Etat soviétique.

Louis REAU, Un sculpteur flamand francisé du 18e siècle : Tassaert in Revue belge d’Archéologie, t. 4, fasc. 4, octobre 1934, p. 289.

Gazette des Beaux-Arts, année 1937, t. 2. Article décrivant la galerie de l’hôtel d’Evreux à l’époque de Beaujon, sans nommer Tassaert.

Françoise DE CATHEU, L’Amour de Tassaert in Gazette des Beaux-Arts, année 1938, t. 1.

Francis WATSON, « Waddesdon » in Connaissance des Arts, n° 89, juillet 1959. Voir p. 42 la photo du Buste de l’Amour orné d’un carquois d’après Tassaert, conservée au manoir de Waddesdon, près de Londres. Les critiques actuels considèrent ce marbre comme une œuvre du 19e siècle attribuable à l’atelier qui a restauré l’original après 1871.

Paul L. GRIGAUT, A Frenchman at the Berlin court in Bulletin of the Detroit Institute of Arts, t. 41, n° 1, 1961.

François SOUCHAL, Les Slodtz, sculpteurs et décorateurs du Roi, 1685-1764, Paris, 1967. Cet ouvrage, issu d’une thèse, analyse la parenté entre certaines des œuvres de Tassaert et celles de son maître Michel-Ange Slodtz.

La sculpture d’Europe occidentale à l’Ermitage, Leningrad, 1970. Ouvrage en russe avec, p. 104, photo de La Grande Catherine en Minerve de Tassaert.

Guilhem SCHERF, « Portrait présumé de Ch. F. Gellert » in Musée du Louvre, Nouvelles acquisitions du département des sculptures (1984-1987), Paris, 1988.

Guilhem SCHERF, « Un buste de l’abbé Raynal à l’Académie de Lyon » in Bulletin des musées de Lyon, 1988, n° 1.

Anthony ROTH Fine Arts Ltd, European Sculpture and Works of Art, Londres, 1989. Catalogue de vente avec photo de Louis XV en Apollon pythien, marbre présumé provenir de la collections Bouret (col. privée).

Thomas BESING, Studen an Jean Pierre Antoine Tassaert, Munich, 1996. Thèse de doctorat.

Vincent DROGUET, « Antoine-Mathieu Le Carpentier, un architecte en sympathie avec les sculpteurs », in Augustin Pajou et ses contemporains, Actes du colloque organisé au musée du Louvre, 1997, Paris, La documentation française, 1999. Article éclairant bien la carrière de Tassaert.

La Prusse, Art et architecture, Könemann éd., Cologne,1999. Ouvrage collectif reproduisant quatre œuvres de Tassaert.

Guilhem SCHERF, « Problèmes d’attribution : Marbres de Falconet, Tassaert et Broche » in Falconet à Sèvres ou l’art de plaire, 1757-1766, Musée national de Céramique, Sèvres, 2001. Deux œuvres attribuées sont photographiées et commentées.

Valérie MONTALBETTI « La Vénus au carquois de JPA Tassaert » in Tournefeuille n° 15, p. 7, 2007.